Le mot du président
Octobre 2012


 

L’ECOLOGIE INTELLIGENTE, C’EST QUOI ?

 

C’est la rentrée. Il va nous falloir conserver et même accentuer notre combativité. Nous espérions, l’an passé, que notre volonté de dialogue et de propositions serait prise en compte. Malgré de timides avancées, il n’en a pas été ainsi à l’analyse globale du PLU, particulièrement destructeur sur les zones pavillonnaires. La municipalité veut dorénavant l’imposer contre l’avis d’une grande majorité des Ignissois. Notre recours gracieux ayant été rejeté par l’équipe municipale en place, nous avons été contraints, avec les AVB et l’ADEVE, d’engager une action en justice devant le Tribunal Administratif de Versailles. Nous vous tiendrons bien sûr informés de ses suites.

 

La politique écologique menée à Igny symbolise un paradoxe significatif d’un dogmatisme à courte vue.

Il faut densifier les villes et construire car nous manquons de logements en France, et spécialement en Région Ile-de-France. Soit, c’est un fait établi. Il faut rendre aisément accessible les centres urbains et les lieux de travail, tout en diminuant les déplacements individuels. Le transport collectif (train + bus) est une solution préférable à la voiture privée. C’est un autre fait établi.

Sous ces enjeux incontestables, la seule réponse est-elle d’uniformiser nos banlieues en un tissu périurbain totalement déshumanisé[1] ? C’est la direction prise par la majorité municipale d’Igny, sans autre réflexion aboutie et partagée qu’une réponse dogmatique, stéréotypée et surtout guère imaginative : « Permettons de bétonner autant que faire se peut dans notre village, que nous allons requalifier de ville, au détriment des espaces libres, des espaces verts, et de la circulation. A défaut de grands ensembles – quoique – démultiplions inconsidérément le pavillonnaire et la densification ». Etrange écologie !

Si l’objectif affiché de 12 000 habitants[2] paraissait raisonnable, les calculs prévisionnels que nous avons établis sur la base des normes du « PLU nouveau », donnent la possibilité d’aller bien au-delà de ce chiffre, entre 15 à 20 000 habitants. Le doublement de la population dans le pire des cas est rendu possible ! La majorité municipale n’a pas osé faire d’études d’impact pour son projet, ou du moins aucune information n’a été divulguée à cet égard. Pourquoi ?

 

OUVRONS NOTRE INTELLIGENCE ET NOTRE IMAGINATION ! Il en est toujours temps. N’appliquons pas des dogmes déjà dépassés en matière d’écologie et soyons un peu prospectifs. Donnons à Igny la possibilité d’être vraiment tourné vers l’avenir en nous appuyant sur sa spécificité spatiale, humaine, sociale et écologique, et tout en respectant les objectifs nationaux, ne banalisons pas notre espace à l’image de ces banlieues qui ont "mal tourné".

 

Et ceci vaut à l’égard de toute politique, de gauche comme de droite, et même du centre, et, hélas, à l’égard de certains écologistes !

 

Guillaume CRUSE



[1] Nous vous incitons vivement à lire l’article de Télérama du 1er septembre 2012 « Un rêve qui tourne mal : la France périurbaine ».

[2] Rappelons que les conseils municipaux des communes de plus de 10 000 habitants bénéficient d’avantages supplémentaires à ceux des « petites » communes. Or la population d’Igny fluctue autour de ce chiffre fatidique des 10 000 habitants. La majorité actuelle veut rendre ce seuil irréversible.