Lettre au préfet et aux Personnes Publiques Associées

Dans le code de l'urbanisme, le rôle du préfet est renforcé.

Les personnes publiques associées (PPA) sont :
- Le président du conseil régional
- Le président du conseil général
- Le président de la CAPS (Communauté d'Agglomération du Plateau de Saclay=
- Le président du SIAVB
- le président du SIEPV
- Les maires de Bièvres et Verrières le Buisson

Cette lettre conteste les dispositions du projet de PLU d'Igny qui sont en contradiction avec le Code de l'Urbanisme, le SDRIF (Schéma Directeur Régional d'Ile de France) et le PADD ( Projet d'Aménagement et de Développement Durable) d'Igny.


Une copie de la lettre au préfet ci-dessous a été adressée à Madame RIBIERE maire d'Igny


IGNY le  7 février 2011

Monsieur Fuzeau
Préfecture de l’Essonne
Boulevard de France
91010  Evry cedex


OBJET : Projet de Plan Local d’Urbanisme IGNY


Monsieur le Préfet

La municipalité d’IGNY vous a notifié son projet de Plan Local d’Urbanisme (PLU) arrêté par le Conseil Municipal le 18 novembre 2010.

A cette réunion, étaient présents 150 à 200 Ignissois venus marquer leur désapprobation à l’égard du projet municipal, irrespectueux de certaines recommandations environnementales, architecturales et sociales pourtant actées dans le SDRIF, le PADD et le Code de l'Urbanisme.

L'association «Les Amis des Jardins d'Igny», nouvellement créée mais déjà riche de très nombreux adhérents à travers Igny, tient à attirer votre attention sur  les dispositions du PLU d' Igny qui sont en contradiction avec les principes fondamentaux issus de ces textes.
Cela tout particulièrement dans une zone actuellement pavillonnaire, qui serait transformée en zone UBb dense, et où très peu d’espaces verts ne pourraient survivre compte tenu des critères d'urbanisation retenus.

Plusieurs irrégularités, contradictions et incohérences nous préoccupent.

A titre non exhaustif, il est relevé :


1 - Un zonage contestable de la zone UBb :

            Le SDRIF recommande une urbanisation autour des gares, plus ou moins dense selon leur importance.

A noter que la gare d' Igny est peu fréquentée. Cette portion du RER C ne représente pas un axe de déplacement  important et est caractérisée par des retards permanents, des trains supprimés sans préavis et des grèves multiples (au point que ses usagers sont pénalisés à l'embauche). En d’autres termes, elle n’est pas un nœud ferroviaire d’Ile de France.

Le rayon de la zone à urbaniser retenu par le diagnostic du PLU était de 500m autour de la gare.
Une partie de cette zone est occupée par l'école St Nicolas et par des terrains protégés non constructibles.

Cependant, les trois quarts du pourtour de la gare (actuellement en zone pavillonnaire) auraient dû se trouver en zone modérément densifiable.

Or, seule une partie de ce périmètre est concernée par une densification intensive. Le reste  des terrains situés à moins de 5 mn à pied de la gare en est épargné et maintenu en zone à dominante pavillonnaire. Aucune justification raisonnable n'a pu nous être fournie par la mairie. La seule justification que nos adhérents y trouvent n’a rien à voir avec la prise en compte d’intérêts collectifs.

Il serait plus légitime, si une densification modérée était décidée, de la répartir sur tous les terrains situés à moins de 10mn à pied de la gare.

 

2 – L’absence de prise en compte des recommandations pour une urbanisation au plus près des emplois afin de limiter les déplacements :

Compte-tenu du développement prévu du «Grand Paris», les emplois les plus proches se situeront sur le plateau de Saclay. Or aucune densification de type UBb n'est prévue dans les parties d' Igny proches du plateau, et donc des emplois.
Les terrains, dans ce quartier, sont de tailles variées et se prêtent tout autant à la densification que dans le quartier de la gare. Là aussi, aucune explication recevable n’a pu nous être fournie.

 


3 - Le non-respect des recommandations en matière :

  • de non-imperméabilisation des  sols,
  • de protection des zones d'intérêt écologique, faunistique et floristique. (ZNIEF)
  • et de création ou de maintien de «perspectives vertes».

Le PLU permet la construction de « petits collectifs » en zone pavillonnaire UH, qui deviendrait, de ce fait, une zone mixte. Les critères d’urbanisation dans cette zone permettent un bétonnage très important des surfaces, les « toits végétalisés » comptant comme espaces verts. A cela, il faut ajouter les surfaces de parkings engazonnés comptant, eux, à 50% comme espaces verts. Il reste bien peu de place pour de réels espaces verts.

En zone UBb, les critères retenus permettent un bétonnage, cette fois ci complet, des surfaces actuellement occupées par des jardins. Une partie de cette zone est pourtant classée ZNIEF de type 2.
Ces critères permettent la construction de petits immeubles en «front urbain continu» au ras du trottoir, avec 50% d'occupation au sol et des toits végétalisés comptant comme espaces verts.
Avec la construction des parkings nécessaires à ces immeubles, il en résultera une imperméabilisation massive des sols, la disparition des espaces verts et de la faune qui les accompagne.

Des critères moins urbanisants et plus respectueux de la nature doivent être retenus, compte tenu de la situation exceptionnelle de cet îlot de verdure en cœur de ville.



 
4 - L'absence d’harmonie architecturale du projet avec le bâti existant :
Les toits plats végétalisés ne sont pas en harmonie avec le bâti ancien d'Igny : la zone UBb est située en grande partie à moins de 500m de l'église St Pierre classée aux monuments historiques et de l’ancien hôtel-restaurant Saint-Nicolas répertorié comme élément du patrimoine historique de la ville d’Igny.

Les constructions nouvelles doivent garder un caractère régional tout en adoptant d'autres solutions d'isolation et de bâti écologique performants.

 

5 - Une ignorance des recommandations en matière de qualité de vie :

La zone UBb est située en zone bruit de catégorie 2.
De plus, cette zone est cernée par la voie ferrée (RER, TGV, trains de marchandises), le passage de lignes de bus et d'avenues TRES passantes et bruyantes. Elle connaît d’importants embouteillages aux heures de pointe.

On peut s'étonner dans ces conditions de pollutions sonores, atmosphériques, de  la volonté de construire des habitations au ras des trottoirs, d’autant que certains sont étroits.
De plus, les habitations situées au rez-de-chaussée et au ras du trottoir poseront inévitablement, outre une absence d’intimité, un problème d'insécurité.

S’il y a autorisation de nouvelles constructions, un retrait de 6m serait beaucoup plus approprié.


 

6 -
Le défaut de répartition harmonieuse au sein de la commune de logements sociaux, un défaut de mixité sociale.

Igny est caractérisé par une proportion de 22% de logements sociaux.

Toutefois ces logements sont déjà concentrés dans deux quartiers d'Igny à l'exclusion des autres (quartier poste/Joliot-Curie/ Ruchères et quartier du Bourg.)

Les projets et les dispositions du PLU quant à la localisation des logements aidés aggraveront cette concentration qui n'est pas conforme à une véritable mixité sociale. Les conséquences s’en feront nécessairement sentir tant dans les établissements scolaires que dans les quartiers. 

Par ailleurs, il est patent qu’un ensemble de HLM jouxte actuellement la zone UBb, celle-ci possède ainsi une forte densité de logements sociaux à proximité immédiate de la gare.

Une meilleure répartition dans la commune des logements aidés serait préférable pour assurer une meilleure mixité sociale.

A cet égard, notre association considère que ce projet de PLU contrevient aux dispositions de l’article L123.1 du code de l’urbanisme selon lequel tout PLU doit respecter « l’équilibre social de l’habitat ».



7 -
Le défaut de mise à niveau des équipements collectifs et des infrastructures.
C’est un véritable chèque en blanc que la municipalité demande aux Ignissois de lui signer. Rien n’est, en effet, écrit sur la mise à niveau des infrastructures et équipements collectifs de la commune, ni sur le coût de leur mise à niveau indéniable.

Avec l’arrivée de centaines d’habitants, Igny sera encore plus sous dimensionné en équipements collectifs (en particulier écoles, crèches, équipements sportifs, personnel municipal, etc…) et en infrastructures, en particulier routières (embouteillages importants aux heures de pointe).

La mise à niveau aura un coût que la municipalité se garde d’aborder et de dévoiler aux Ignissois.

 


Le projet de PLU va durablement et irrémédiablement défigurer le quartier de la gare.

Nos adhérents ne sont pas des nostalgiques du passé, réfractaires à tout changement.

En revanche, ils tiennent à préserver, dans une mesure compatible avec les impératifs et contraintes de notre société, le caractère particulier qui fait le charme d’Igny.

La proximité de l’école d’horticulture de Saint Nicolas, du clocher de l’église Saint Pierre (classé monument historique), la présence dans la zone UBb de l’ancien restaurant Saint Nicolas, devraient amener à prévoir une urbanisation mieux maîtrisée et plus respectueuse de cette histoire.

De même, il devrait être mis en valeur l’incontestable patrimoine écologique de ce quartier, plutôt que de programmer sa disparition à horizon proche.

C’est dans ce cadre que nous avons, par ailleurs, contesté, par courrier du 12 janvier 2011, dont vous trouverez la copie en pièce jointe, la délibération du conseil municipal arrêtant un périmètre d’étude du quartier de la Grande Haie (dénomination cadastrale improprement rebaptisée quartier de la gare par la commission urbaine).

Je me tiens bien évidemment à votre disposition pour discuter plus amplement de ces irrégularités et incohérences.

Vous remerciant par avance de l’attention que vous porterez à la présente contestation du Projet de PLU, je vous prie d’agréer, Monsieur le Préfet, l’expression de mes respectueuses salutations.

                                                                                               Guillaume Cruse

                                                                                              Président de l'AJI